
Matelot de 2e classe, fusilier, Commando François
Mort pour la France le 29 mai 1951
« … remplissant ses fonctions avec courage et enthousiasme. (…) Tué à son poste de combat avec le groupe de tête alors que le commando était encerclé par des forces de beaucoup supérieures. Grâce à son sacrifice, a sauvé le commando d’une destruction certaine. »
Le feu s’intensifie, Pihan(1), Seven, Muller, Briot et Cosso s’élancent (…). Soudain la terre se soulève sous leur pas. Des obus et des grenades explosent. Pihan s’aplatit et reçoit sur lui Seven et Cosso, les Viêts hurlent derrière le remblai à trois mètres des commandos (…). Cosso se fait tout à coup très mou, Pihan devine qu’il est mort. Il interroge Seven dans le vacarme épouvantable. Seven tord sa bouche dans un rictus douloureux et meurt. Pihan blessé au dos, à la tête et à l’omoplate droit s’extirpe de son trou et aperçoit le corps déchiqueté du radio Briot. Les bộ đội(2) dévalent la pente en hurlant. Des cris, mêlés au déchainement des armes retentissent dans la nuit terrifiante. Pihan butte soudain contre une forme humaine, « Muller » s’exclame-t-il, « Allez ! on continue, il faut qu’on sorte de cette merde ».
Ils se remettent en marche, des coups de feu claquent, une nouvelle morsure taraude le colosse ; il est touché au flanc. Muller ne bronche pas, il est mort sur le coup.
René repose au cimetière de La Noue à Saint Dizier
(1) Pierre Pihan (1931-2015). Une des grandes figures des commandos marine. Malgré trois blessures par balles, il parvient à s’extraire du champ de bataille en rampant dans les rizières. Son témoignage a été crucial pour reconstituer les dernières heures de l’unité.
(2) Désigne les soldats de l’armée populaire vietnamienne (le Viêt-Minh) combattant contre les forces françaises

